Du 28 Juin au 10 Juillet : îles Sulawesi

18h après notre départ de Shanghai, nous voilà à l’aéroport de Macassar, à la pointe sud de l’île Sulawesi.

Nous rencontrons Eka et Nisa qui travaillent ici et nous proposent de partager un taxi pour rejoindre le centre-ville étant donné qu’elles ont fini leur journée. On fait un arrêt pour qu’elle se change chez elles puis on file à la gare des bus où elles nous aident à acheter notre billet de bus pour ce soir. Elles sont adorables et insistent même pour qu’on reste dormir et nous faire découvrir la région puisqu’elles ne travaillent pas demain. Comme il reste 2h avant le départ du bus, on part manger ensemble. Après la grande vie de Shanghai, on se retrouve à manger avec les mains dans un boui-boui au bord de la route : ça fait un petit choc.

Après notre nuit passée dans le bus, nous atteignons Rantepao au milieu du pays Toraja. Contrairement au reste de l’île qui est majoritairement musulmane, ici, les habitants suivent le culte protestant mélangé à d’anciennes traditions et croyances. La vie des habitants est dédiée à la préparation de leur mort et celles des membres de leur famille.

De bon matin, nous partons assister à une cérémonie funéraire avec notre guide Amos. En contrebas du cercueil du défunt, on découvre comme une « place du village » où les gens sont réunis. Nous sommes surpris de voir que la cérémonie ne consiste qu’en l’égorgement de buffles à la queue leu-leu, les exclamations des spectateurs petits et grands qui commentent la qualité du geste du bourreau… Pas de procession, ni de musique, on n’est pas tombé au bon moment ! On tient 10 min, soit 2 buffles sacrifiés. Même sans regarder, l’odeur et les bruits sont horribles. Ces pauvres bêtes souffrent un martyre avant de mourir en se vidant de leur sang.

Des greniers à riz dans un village traditionnel

Lorsque le membre d’une famille décède, la tradition veut que le corps soit gardé entre 2 mois et 2 ans dans la maison, le temps d’organiser la cérémonie, rassembler la famille, les fonds et les buffles nécessaires (ou des cochons si la famille est trop pauvre). Les âmes de ces animaux sont censés accompagner l’âme du défunt jusqu’au paradis. Les parents deviennent ainsi des demi-Dieux qui veillerons sur les vivants de leur famille.

Le peuple Toraja est divisée en 4 castes (comme en Inde). Les mariages ne sont théoriquement possibles qu’entre individus de même caste  et cela détermine tout un tas de conditions de vie. Le nombre de buffles qui devront être sacrifiés dépend de la caste de la famille et du conseil des anciens (entre 2 et 100 buffles). Il y a quelques 10ène d’années, des sacrifices humains étaient réalisés : des personnes de la caste la plus basse étaient sacrifiées pour escorter le défunt et jouer le rôle d’esclave dans l’eau-delà…

Chaque défunt doit avoir sa statue à son image

La suite de la visite sera plus agréable avec la découverte des villages traditionnels et leurs greniers pour le riz. On découvre aussi les endroits où sont déposés les cercueils après la cérémonie : dans des grottes naturelles ou des trous creusés à la main dans des falaises ou des rochers.

 

 

 

Les buffles sont leur monnaie d’échange : pour acheter une parcelle de rizière il faudra 2 buffles par exemple, pour creuser la tombe du défunt dans la roche, 3 mois de travail seront rémunérés par 5 buffles, pour tailler la statuette on donnera 2 buffles, etc.

 

Le lendemain nous partons pour un trek de 2 jours armés d’une carte et de quelques conseils des locaux. La veille, on avait croisé un couple espagnol intéressé pour marcher la journée et prendre un bus pour rentrer le soir. On avait proposé de partager les infos et éventuellement marcher ensemble. Ils viennent avec 2 autres voyageuses et finalement le groupe n’allait pas très bien ensemble. On s’est senti mal à l’aise pendant la négociation d’une ristourne de 30 centimes d’euros pour un bus alors que le prix était honnête et puis pendant la journée on se retrouve à guider alors qu’ils marchent à l’avant au hasard. Bref, peu d’atomes crochus. Ça n’enlève rien à la beauté des paysages.

 

Le soir, on s’arrête dans un homestay (séjour chez l’habitant) assez rudimentaire dans une maison traditionnelle Toraja. On passe une soirée très agréable emmitouflés dans nos couvertures en compagnie de Woulter, un Suisse et son guide.

 

Le lendemain nous redescendons à Rantepao par les chemins, nous croisons plein de petits villages tout jolis, des tombes dans les rochers, des enfants qui nous courent après en criant « bonbon-bonbon » avec un bel accent 🙂

 

Plus de photos dans les albums 2014-06-28 Sulawesi Pays-Toraja


 

Le ferry passant par les îles Togian

2ème grosse étape des Sulawesi : les îles Togian. Pour y accéder, 12h de bus entre Rantepao et Tentena avec une route en zig-zag, des paysages verdoyants et un ravin à portée de roue sur des routes à moitié effondrées. 7h de bus supplémentaires le lendemain nous permettent de rejoindre Empana, port de départ pour un ferry de 7h jusqu’à notre destination.

 

Dans quasi tous les villages traversés, le drapeau de la nation supportée pour la coupe du monde de football est érigé au dessus de la maison !
Quand les gens nous croisent ils nous demandent souvent notre nationalité, l’équipe que l’on supporte et notre religion. La religion est très importante ici (aussi) et a d’ailleurs été un sujet de tension entre les gens de différente confession de l’île. Quand nous leur disons que nous sommes Français, ils nous félicitent pour les résultats de l’équipe de France. Les Indonésiens de confession musulmane sont de grands supporter de Benzema.

Arrivés aux îles Togian, nous posons nos sacs sur une petite île en face du village de Katupat. Fadila cottage est tenu par une famille indonésienne d’une grande gentillesse, très disponibles et très heureux de discuter avec les touristes.

 

Ulrich a bien discuté avec Is, un encadrant plongeur. Le soir du match France/Allemagne, on traverse les quelques mètres d’eau qui nous séparent du village pour regarder le match sur la télé et le récepteur acheté pour l’occasion. Plus de supporter pour la France que pour l’Allemagne mais ça n’a pas suffit… En tout cas c’était un super moment.

 

Durant la journée, nous alternons entre détente et snorkeling, les récifs sont remplis de coraux et de poissons à quelques mètres seulement du bungalow.

 

 

 

Nous partons pour une session plongée comme je (Ulrich) les aime, à 3 sur le bateau (Stevens l’instructeur de l’île, Is et moi) et sur des sites très peu fréquentés dans une eau à 30°C 🙂

 

Un champs de coraux morts

 

Ici aussi, beaucoup de coraux ont été dévastés par la pêche à la dynamite lorsqu’elle était encore autorisée et aussi à cause du réchauffement climatique, beaucoup perdent leurs couleurs.

 

 

 

 

Le gérant de l’île a monté une association avec l’aide d’un couple de Français. Ils recyclent aujourd’hui les plastiques pour en faire des colliers et chapeaux en vente sur l’île : EVERTO (Everybody For Togean).

Nous repartons de ce petit coin de paradis très heureux de l’expérience et des discussions avec les touristes rencontrés sur l’île (beaucoup de Français).

 

Plus de photos dans les albums 2014-07-03 Sulawesi Iles Togian


 

On enchaine ensuite une nuit en ferry et 12h de bus pour atteindre Manado. Lors du trajet, encore de bons moments passés avec les Indonésiens qui ont la discussion facile. Lors du coucher de soleil tout le monde sort sa nourriture (Ramadan oblige), notre voisin tient à nous offrir des fruits.

 

Selma, en overdose de transport, reste sur Manado et je m’en vais sur l’île de Bunaken à quelques kilomètres du rivage pour admirer les récifs coralliens et les tortues.

Un des nombreux bémos qui assurent le transport publique urbain. Celui ci avec le drapeau de la France.

 

 

 

 

 

 

Notre prochaine et dernière destination sera Bali pour rejoindre Juliette et Gui. On se languit 🙂

Guère plus de photos dans l’album 2014-07-08 Sulawesi Manado-Bunaken

 

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5 réponses à Du 28 Juin au 10 Juillet : îles Sulawesi

  1. Mumu dit :

    Hum, hum, beaucoup de mal avec l’épisode du sacrifice de ces pauvres buffles qui n’ont pas demandé à être sacrifié et encore moins de cette façon là ! M’enfin !!
    Très chouette l’île !
    Hâte de découvrir votre périple avec les Marseillais !
    Grosses bises

  2. Vincent et Jujue dit :

    Youpi!!! Des news!!! On se demandait où diable vous étiez…
    C’est bien triste de voir tous ces buffles sacrifiés… A chaque population ses traditions!
    La bise à Gui et Juliette!!!

  3. Romain dit :

    Benzema ouais ouais ! Et Selma qui regarde des matchs de foot à l’autre bout du monde maintenant… On aura tout vu !

    • Selma&Ulrich dit :

      Lol, ça ne m’a pas donné envie d’en voir un autre ! Et si tu regardes bien la photo, j’étais plus attentive aux Indonésiens qui me faisaient trop rire qu’au match 😉

  4. Selma dit :

    Je relis cet article et me rend compte que j’ai vraiment bien fait de rester à Manado puisque c’est là que j’ai passé mon entretien téléphonique pour mon boulot actuel 😉
    Sur l’ile, je n’aurais pas eu d’accès Internet donc surement pas candidaté.

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